Cogénération & Trigénération Industrielle 2026 | Guide Technique Complet | Wattnow
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Guide Industrie – Édition 2026

Maîtrisez la
Cogénération &
Trigénération

Définition, technologies chaudière et gaz, dimensionnement, contrats STEG Tunisie / EDF OA France / ONEE Maroc, pilotage IoT.

85%
rendement global
40%
économie facture
600 MWe
potentiel Tunisie
20 ans
contrat STEG

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CHAPITRE 1

Cogénération : définition et enjeux

Cogénération def : produire électricité et chaleur avec 85% de rendement

La cogénération (ou production combinée de chaleur et d'électricité, parfois appelée CHP pour Combined Heat and Power) est un système thermodynamique dans lequel, à partir d'un seul combustible primaire, on produit simultanément de l'énergie mécanique (convertie en électricité) et de l'énergie thermique utile. Contrairement à une centrale thermique classique qui rejette les deux tiers de l'énergie primaire à l'atmosphère, la cogénération valorise cette chaleur « fatale » pour des besoins industriels ou de chauffage.

85%
rendement global cogénération
55%
centrale thermique classique
-40%
sur facture énergétique
Figure 1 – Bilan énergétique comparatif : solution classique vs cogénération
Bilan énergétique comparatif cogénération

Le principe fondamental de la cogénération repose sur le deuxième principe de la thermodynamique : toute production d'énergie mécanique à partir de chaleur s'accompagne d'un rejet thermique vers une source froide. Dans une centrale électrique classique, cette source froide est l'environnement (air ou eau de rivière) et la chaleur est perdue. En cogénération, cette chaleur est captée et valorisée. Le rendement électrique d'une centrale classique EDF est d'environ 36% (centrales thermiques fossiles) à 33% (nucléaire). Une cogénération bien dimensionnée atteint un rendement global de 75 à 85%, et jusqu'à 90% en configuration trigénération.

1.1 Les trois grandes filières technologiques

On distingue trois familles principales de cogénération :

  • La cogénération chaudière + turbine à vapeur (C+TV) : système historique, brûle tous les combustibles (charbon, biomasse, déchets, fuel lourd). La vapeur haute pression (40-80 bar, 400-500°C) se détend dans une turbine avant d'alimenter les processus. Rendement électrique faible (6-18%) car l'objectif est la chaleur.
  • La cogénération gaz par moteur alternatif : solution la plus répandue pour les puissances de 50 kW à 10 MW. Rendement électrique 38-42%, rendement global 80-86%. Idéal pour l'industrie agroalimentaire, les hôpitaux, les hôtels, les bâtiments tertiaires.
  • La cogénération gaz par turbine à combustion (TAC) : puissances de 500 kW à 50 MW, températures de chaleur élevées (200-550°C), adaptée aux besoins de vapeur industrielle. Possibilité de post-combustion pour augmenter la production thermique.
📌 À retenir : La cogénération n'est pas une énergie renouvelable mais une technologie d'efficacité énergétique. Elle réduit les émissions de CO₂ de 30 à 50% par kWh produit par rapport à une production séparée d'électricité (centrale) et de chaleur (chaudière). En France, le dispositif des Certificats d'Économies d'Énergie (CEE) valorise cette réduction. En Tunisie, le décret 2022-12 encourage l'autoproduction par des tarifs de rachat préférentiels.

1.2 Objectifs et avantages

Une installation de cogénération répond à trois objectifs principaux :

  • Sécurité d'approvisionnement : en cas de coupure du réseau électrique, le groupe peut fonctionner en îlotage (autonomie). C'est un critère majeur pour les hôpitaux, les data centers, les industries à process continu.
  • Gain financier : l'électricité autoproduite revient 2 à 4 fois moins cher que l'électricité achetée sur le réseau. La revente des excédents (contrat STEG en Tunisie, EDF OA en France, ONEE au Maroc) génère un revenu complémentaire.
  • Réduction de l'empreinte carbone : pour 1 MWh électrique cogénéré, on évite l'émission d'environ 0,5 tonne de CO₂ par rapport à une production séparée (moyenne européenne).

En France, fin 2024, on dénombrait plus de 1 200 installations de cogénération totalisant environ 2 500 MW de puissance électrique installée. En Tunisie, le potentiel est estimé à 600 MWe par l'ANME (Agence Nationale pour la Maîtrise de l'Énergie), mais seulement 153 MWe étaient installés fin 2022, soit 25% du gisement exploitable. Au Maroc, la loi 13-09 ouvre la voie au développement, avec plusieurs projets industriels en cours dans les secteurs du ciment, de l'agroalimentaire et du textile.

CHAPITRE 2

Fondamentaux thermodynamiques & indicateurs clés (KPIs)

Trois indicateurs gouvernent toute décision de cogénération. Les confondre conduit à des erreurs de dimensionnement de 20 à 50% et peut compromettre la rentabilité sur 20 ans.

2.1 Rendement électrique et rendement global

Rendement électrique ηe = Wélec / Qcombustible
Rendement global ηtot = (Wélec + Qchaleur utile) / Qcombustible

Pour un moteur à gaz typique de 1 MW électrique : ηe ≈ 40%, ηtot ≈ 85%. La valeur réglementaire minimale exigée en France pour bénéficier du contrat EDF OA est ηtot ≥ 65% (arrêté du 15 novembre 2016).

2.2 Rapport chaleur/électricité (α)

α = Qchaleur récupérée / Wélec produit

C'est le critère de choix technologique le plus important. Si le rapport α du site (besoins thermiques / besoins électriques) est inférieur au α de la machine, une partie de la chaleur produite sera perdue à l'atmosphère, dégradant fortement la rentabilité. Valeurs typiques : moteur gaz α = 1,2 à 1,8 ; turbine à gaz simple cycle α = 1,5 à 2,5 ; turbine à gaz avec post-combustion α = 6 à 11 ; turbine à vapeur α = 4 à 20.

2.3 Économie d'Énergie Primaire (EEP)

EEP (%) = [1 − 1 / (ηe/0,525 + ηth/0,90)] × 100

L'EEP est l'indicateur réglementaire clé de la directive européenne 2012/27/UE. Le seuil de cogénération à haut rendement (CHR) est fixé à EEP ≥ 10%. En France, le contrat EDF OA exige un EEP ≥ 10%, calculé chaque saison hivernale. En Tunisie, le décret 2002-3232 modifié exige une « attestation d'efficacité énergétique » dont le calcul repose sur un principe équivalent. Une installation dont l'EEP descend en dessous de 10% perd sa qualification CHR et peut voir son contrat d'achat suspendu (article 18 du contrat STEG).

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Nos capteurs IoT (débitmètres gaz, compteurs électriques, capteurs de température sur réseaux de chaleur) calculent l'EEP heure par heure. Un algorithme de surveillance continue déclenche une alerte SMS/email si le seuil de 10% est menacé. Cette surveillance est la seule façon de garantir le maintien de votre contrat sur la durée; la STEG et EDF contrôlent périodiquement (tous les 4 ans en France).

2.4 Consommation spécifique équivalente (CE)

CE = (C − Q/ηchaufferie) / W

Cet indicateur, issu du document de référence « Les techniques de cogénération » (Claude Lévy, Techniques de l'Ingénieur B8910), mesure la quantité d'énergie primaire réellement consommée pour produire 1 kWh électrique, après déduction de l'économie réalisée sur la chaufferie. Pour une turbine à gaz avec post-combustion, CE peut descendre à 0,5-0,8, contre 1,2-1,5 pour un moteur à gaz simple récupération. Plus CE est bas, plus le kWh autoproduit est économique en combustible.

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Technologies cogénération chaudière et gaz, trigénération, dimensionnement, contrats STEG/EDF OA/ONEE, rentabilité.

Chapitre 3 : Cogénération chaudière & gazDétail des filières C+TV, moteurs gaz, turbines
Chapitre 4 : TrigénérationMachine à absorption, COP, secteurs cibles
Chapitre 5 : Dimensionnement optimalCourbes de charge, erreurs classiques
Chapitre 6 : Contrats STEG / EDF OA / ONEEDécryptage complet par pays
Chapitre 7 : Rentabilité & aidesVAN, TRI, CEE France, FNME Tunisie
Chapitre 8 : Étude de cas laiterie320 000 €/an économisés, TRS 2,8 ans
Chapitre 9 : IoT & pilotageArchitecture Wattnow, CUSUM, alertes
Chapitre 10 : AnnexesTextes Tunisie, France, Maroc
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CHAPITRE 3

Cogénération chaudière & cogénération gaz : technologies approfondies

Figure 2 – Étude comparative des schémas d'installation de vapeur
Schémas installations vapeur

3.1 Cogénération chaudière + turbine à vapeur (C+TV)

Cette cogénération chaudière est la plus ancienne et la plus robuste. Elle est incontournable pour les combustibles solides (charbon, biomasse, ordures ménagères) et les très fortes puissances (>10 MW). Le principe : une chaudière haute pression (HP) produit de la vapeur vive (40 à 80 bar, 400 à 500°C). Cette vapeur se détend dans une turbine à vapeur (TV) qui entraîne un alternateur. La vapeur de contre-pression (3 à 5 bar, parfois jusqu'à 12 bar) sort de la turbine et est envoyée directement vers les réseaux de chaleur industriels ou de chauffage urbain. Dans les UIOM (Usines d'Incinération des Ordures Ménagères), c'est la seule technologie possible car elle utilise la chaleur gratuite des déchets.

Performances typiques (source : Techniques de l'Ingénieur B8910) : Pour une vapeur à 40 bar / 400°C et une contre-pression à 4 bar, le rendement électrique est de 15% et le rendement global de 89%. La production électrique est d'environ 111 kWh par tonne de vapeur. Le rapport chaleur/électricité α varie de 4 à 20 selon les caractéristiques de la vapeur. La consommation spécifique équivalente CE se situe entre 1,1 et 1,3. L'investissement est élevé : 6 000 à 12 000 €/kW électrique.

Limitation : La cogénération chaudière + turbine à vapeur n'est économiquement rentable que pour des puissances thermiques > 30 MW (soit environ 5 MW électriques). En dessous, les frais fixes d'exploitation (personnel qualifié, traitement d'eau, maintenance) deviennent prohibitifs.

3.2 Cogénération gaz par moteur alternatif

La cogénération gaz par moteur alternatif est la solution plébiscitée pour les puissances de 50 kW à 10 MW. Le moteur à gaz (type gaz naturel, biogaz, biométhane, jusqu'à 30% d'hydrogène) entraîne un alternateur synchrone. La chaleur est récupérée sur deux niveaux :

  • Fumées d'échappement (30% de l'énergie du combustible) : température 450-550°C. Un échangeur tubulaire ou une chaudière de récupération abaisse les fumées à 100-120°C.
  • Refroidissement du bloc moteur (circuit HT) (20% de l'énergie) : eau à 85-95°C. Certains moteurs spécialement conçus pour la cogénération permettent une sortie à 105°C.
  • Refroidissement de l'huile et de l'air de suralimentation (circuit BT) (15% de l'énergie) : eau à 40-50°C, valorisable pour préchauffage ou eau sanitaire.

Le rendement électrique à pleine charge atteint 38-42% pour les moteurs à gaz à allumage commandé (bougies) et 42-48% pour les moteurs Diesel Dual-Fuel (gaz + gazole d'allumage). Le rendement global (électricité + chaleur utile) est de 80-86%. Le rapport chaleur/électricité α varie de 1,2 à 1,8.

Choix de la vitesse de rotation : Les moteurs semi-rapides (750-1000 tr/min) offrent le meilleur compromis entre compacité et durabilité (révision complète toutes les 15 000-30 000 heures). Les moteurs rapides (1500 tr/min) sont 30% moins chers à l'achat mais nécessitent des révisions toutes les 6 000 heures ; leur coût de maintenance au kWh est deux fois plus élevé. Les moteurs lents (400-600 tr/min) sont très robustes (révision 60 000 heures) mais plus chers et plus encombrants ; ils se justifient pour les puissances > 4 MW.

3.3 Cogénération gaz par turbine à combustion (TAC)

Les turbines à combustion (TAC) sont issues de la technologie aéronautique. Le compresseur aspire l'air (350-500% d'excès d'air), le refoule à 6-20 bar dans la chambre de combustion où le gaz naturel (ou fuel) est brûlé. Les fumées à 650-1000°C se détendent dans la turbine : les premiers étages entraînent le compresseur, les derniers étages entraînent l'alternateur. Les gaz d'échappement (exhaures) sortent à 450-550°C, propres et avec 15-17% d'oxygène résiduel.

Avantages : compacité, légèreté, faible maintenance (révision tous les 30 000-60 000 h), température de chaleur élevée (idéal pour vapeur industrielle). Inconvénients : rendement électrique plus faible que les moteurs (25-35% à pleine charge), effondrement du rendement à charge partielle (perte de 15-25% à 50% de charge), pression d'alimentation en gaz élevée (13-20 bar, nécessite parfois un surpresseur coûteux).

Post-combustion : Grâce à l'oxygène résiduel dans les exhaures, on peut ajouter un brûleur supplémentaire (brûleur à veine d'air ou à turbulence) entre la turbine et la chaudière de récupération. On injecte du combustible supplémentaire qui brûle dans les gaz chauds. Le rendement global atteint alors 88-91%, et le rapport α devient très élevé (6 à 11). La consommation spécifique équivalente CE descend à 0,5-1,1, le meilleur de toutes les filières. Cette configuration est particulièrement intéressante quand le besoin thermique est très supérieur au besoin électrique (chaufferies urbaines, industries de la chimie).

📊 Synthèse comparative des technologies (source : Techniques de l'Ingénieur B8910) :
• Moteur gaz 1 MW : ηe 40%, α 1,5, CE 1,2-1,5, investissement 4 000-7 000 €/kW
• Turbine à gaz 1 MW (simple récupération) : ηe 28%, α 2,0, CE 1,6-2,0, investissement 4 000-6 000 €/kW
• Turbine à gaz + post-combustion 1 MW : ηe 28%, α 8, CE 0,7-1,0, investissement 5 000-7 000 €/kW
• Chaudière + turbine vapeur 5 MW : ηe 15%, α 5, CE 1,1-1,3, investissement 6 000-12 000 €/kW
CHAPITRE 4

Trigénération : ajouter le froid à l'équation

La trigénération (ou production combinée chaleur, froid et électricité – CCHP pour Combined Cooling, Heating and Power) consiste à ajouter une machine à absorption sur le réseau de chaleur d'une cogénération. Pendant l'été, quand les besoins de chauffage diminuent, la chaleur « fatale » qui serait perdue est convertie en froid pour la climatisation ou les procédés industriels. Le rendement global dépasse alors 90% et l'installation fonctionne 8 000 h/an au lieu de 4 500 h pour une cogénération simple.

4.1 Machine à absorption : principe et COP

Contrairement à un groupe frigorifique à compression (entraîné par un moteur électrique), une machine à absorption utilise une source de chaleur comme énergie motrice. Le cycle le plus répandu est le couple bromure de lithium (LiBr) / eau pour les températures de chaleur de 80-120°C (idéal pour cogénération gaz). Le COP (Coefficient de Performance) d'une absorption simple effet est de 0,6-0,7 ; double effet il atteint 1,0-1,3. Ce COP semble faible comparé aux 3-6 d'une machine à compression, mais la source d'énergie (chaleur fatale) est gratuite dans une cogénération : chaque kWh thermique non valorisé est une perte pure. En trigénération, on valorise ce kWh à hauteur de 0,7 kWh de froid, qui aurait nécessité 0,2 kWh d'électricité en compression.

COPabsorption = Qfroid produit / Qchaleur consommée = 0,6 à 1,3

4.2 Secteurs cibles pour la trigénération

  • Agroalimentaire : laiteries, abattoirs, conserveries – besoin simultané de froid (stockage, réfrigération) et de chaleur (pasteurisation, stérilisation, nettoyage CIP). La trigénération permet de valoriser la chaleur été comme hiver, avec un facteur de charge annuel très élevé.
  • Hôtellerie & centres commerciaux : besoin de climatisation en été et chauffage en hiver. La trigénération fonctionne en cogénération l'hiver (chauffage) et en « trigen » l'été (climatisation). Certaines installations atteignent 7 500 heures de fonctionnement par an.
  • Data centers : les serveurs ont besoin de froid toute l'année. La chaleur récupérée peut être utilisée pour chauffer des bureaux adjacents ou injectée dans un réseau de chaleur urbain. C'est une application émergente très prometteuse.
  • Chimie et pharmaceutique : certains procédés nécessitent à la fois de la chaleur (réacteurs) et du froid (cristallisation, condensation). Une trigénération sur mesure peut remplacer deux systèmes distincts.

Pilotage intelligent des trois vecteurs

La trigénération est plus complexe qu'une cogénération simple : il faut arbitrer en temps réel entre envoyer la chaleur vers le process industriel, vers l'absorption (froid), ou la stocker. Wattnow déploie un algorithme de dispatch économique qui, à chaque instant, calcule la valeur marginale de chaque vecteur (chaleur process, froid, électricité) et oriente les flux pour maximiser l'EEP et le gain financier. Ce pilotage prédictif, basé sur les prévisions météo et les tarifs horaires (STEG, EDF OA), augmente la rentabilité de 8 à 15% par rapport à un fonctionnement en mode automatique simple.

4.3 Dimensionnement d'une trigénération

La puissance de la machine à absorption est déterminée par la courbe des besoins de froid en été et la courbe des besoins de chaleur résiduelle après process. La règle générale : dimensionner l'absorption pour couvrir 60-80% de la pointe de froid, le complément étant assuré par des groupes de compression existants (investissement moindre). Il est essentiel de conserver un refroidisseur à compression pour la sécurité et les pointes. Le retour sur investissement d'une trigénération est généralement 1 à 2 ans plus long qu'une cogénération simple, mais la VAN sur 15 ans est supérieure grâce aux heures de fonctionnement supplémentaires.

CHAPITRE 5

Dimensionnement & puissance optimale

La règle d'or, issue de la directive européenne 2012/27/UE et confirmée par des milliers d'installations : dimensionner sur la charge de base thermique ou électrique, jamais sur la pointe. Une cogénération doit fonctionner au moins 5 000 heures par an à une charge > 60% pour être rentable.

5.1 Méthode des courbes de charge monotone

La courbe de charge monotone classe toutes les heures de l'année par puissance décroissante (de la plus forte à la plus faible). On trace la courbe des besoins thermiques et la courbe des besoins électriques. La puissance optimale de cogénération est celle correspondant à 5 000-7 000 heures de fonctionnement par an, c'est-à-dire la zone où la courbe est la plus plate (les besoins de base). Au-delà de ce point, les heures restantes (2 000-3 000 h/an) correspondent aux pointes courtes, qu'il est plus économique de couvrir par le réseau électrique et par des chaudières classiques.

Exemple concret : Une usine a un besoin thermique de 1 500 kW pendant 1 000 h/an (pointes hiver), 1 000 kW pendant 4 000 h/an (mi-saison), et 500 kW pendant 3 000 h/an (été). La puissance optimale est d'environ 1 000 kW (celle qui fonctionnera 7 000 h/an). Dimensionner à 1 500 kW ferait fonctionner la cogénération à charge partielle (66% de charge) pendant 4 000 h/an, avec un rendement électrique dégradé de 5 à 10 points.

Critère de dimensionnementValeur cibleRisque si non respecté
Heures de fonctionnement annuelles≥ 5 000 hTRS > 5 ans, rentabilité dégradée
Taux d'utilisation de la chaleur (Qutile/Qrécupérée)≥ 75%EEP < 10% → perte qualification CHR
Charge électrique moyenne≥ 60% de la puissance nominaleRendement électrique dégradé (moteurs gaz -5% à 50% charge, TAC -20%)
Rapport α site ≥ α moteurOuiChaleur non valorisée = perte pure
Erreur n°1 : dimensionner sur la pointe électrique. Résultat : 2 000 h à pleine charge, 4 000 h à charge partielle (rendement dégradé), chaleur perdue l'été, EEP souvent sous 10%. Dans un cas réel tunisien, une cimenterie a installé une turbine à gaz de 5 MW sur sa pointe de 5 MW. Elle ne fonctionne que 2 500 h/an. La VAN est négative.
Erreur n°2 : négliger l'évolution des besoins. Une laiterie a dimensionné sa cogénération sur ses besoins de l'année N, mais son activité a baissé de 20% en 2 ans. Aujourd'hui, l'EEP est de 8% et le contrat STEG est menacé. La solution : prévoir dès la conception un by-pass sur la récupération de chaleur pour pouvoir rejeter l'excédent sans pénaliser l'EEP.
Erreur n°3 : choisir une technologie sans vérifier la pression du gaz. Une turbine à gaz nécessite 13-20 bar. En Tunisie, le réseau de distribution STEG délivre souvent 4-8 bar. L'ajout d'un surpresseur a consommé 3% de la production électrique et augmenté l'investissement de 15%, tuant la rentabilité.
CHAPITRE 6

Contrats STEG (Tunisie), EDF OA (France), ONEE (Maroc)

🇹🇳 Tunisie – Contrat STEG
  • Décret 2002-3232 2022-12
  • Durée : 20 ans (art.21) reconduction tacite annuelle
  • Attestation d'efficacité énergétique obligatoire – calculée sur la base du rendement global
  • 4 postes horaires : Pointe matin été (8h30-13h30) le mieux rémunéré, Pointe soir, Jour, Nuit
  • Vente exclusive à STEG – interdiction de cession entre tiers
  • Comptage télérelevable obligatoire (art.7)
  • Résiliation possible après 60 jours de mise en demeure (art.18)
🇫🇷 France – Contrat EDF OA
  • C13 (≤300kW) C16OA (300kW-1MW)
  • Durée : 12 ans (cogénération), renouvelable
  • EEP ≥ 10% obligatoire (Directive 2012/27/UE)
  • Tarif hiver majoré (novembre-avril) + prime EEP indexée sur le prix du gaz évité
  • Contrôle périodique tous les 4 ans (arrêté du 2 novembre 2017)
  • Accise gaz (TICGN) : 16,39 €/MWh au 1er février 2026
🇲🇦 Maroc – Loi 13-09 / ONEE
  • Loi 13-09 sur les EnR
  • Autoconsommation autorisée pour les installations ≤ 10 MW
  • Vente de surplus à ONEE possible via appel d'offres pour projets > 1 MW
  • Cadre en développement – décrets d'application en cours (2025-2026)
  • Projets pilotes dans l'industrie (ciment, agroalimentaire, textile)

6.1 Contrat STEG – Décryptage article par article (décret 2022-12)

2
Article 2 – Objet : L'autoproducteur (tout établissement industriel ou tertiaire équipé d'une cogénération économe en énergie) bénéficie du droit de transport de son électricité via le réseau STEG jusqu'à ses points de consommation, et du droit de vendre l'excédent exclusivement à la STEG. Toute cession rémunérée entre membres d'un même groupe est interdite.
7-8
Articles 7 et 8 – Comptage et mesure : Les systèmes de comptage doivent être télé-relevables (transmission automatique des données). Les grandeurs mesurées : énergie active triphasée par postes horaires, puissances maximales appelées/injectées, courbes de charge avec un pas défini aux Conditions Particulières. Relevé contradictoire mensuel STEG/autoproducteur. En cas de défectuosité d'un compteur, l'énergie est estimée contradictoirement.
13
Article 13 – Postes horaires et tarifs : Quatre postes horaires : Pointe matin été (8h30-13h30, juin-août), Pointe soir (18h-22h, hiver), Jour (heures pleines), Nuit (heures creuses). Les tarifs de cession sont fixés par décision du Ministre chargé de l'énergie et s'appliquent automatiquement sans avenant. L'énergie réactive consommée sur le réseau STEG est facturée à 15% du prix de cession de l'énergie active.
18
Article 18 – Suspension et résiliation : Trois motifs de suspension immédiate : non-respect des articles 2 (cession interdite) ou 3 (non-conformité aux spécifications techniques), non-exécution des corrections dans les 10 jours, ou retrait / non-renouvellement de l'attestation d'efficacité énergétique. La résiliation intervient après 60 jours de mise en demeure infructueuse. L'autoproducteur peut résilier pour cessation d'activité avec préavis de 60 jours.
21
Article 21 – Durée : Le contrat prend effet à la date de mise en service du poste d'injection. Durée initiale : 20 ans. Reconduction automatique par période d'un an, sauf dénonciation par lettre recommandée un mois avant l'échéance anniversaire. La STEG peut dénoncer pour motif grave (défaut de sécurité, manquement répété).
⚠️ Clause critique souvent négligée : L'attestation d'efficacité énergétique est la clé de voûte du contrat STEG. Son retrait entraîne la suspension immédiate du contrat (art.18). Cette attestation doit être renouvelée périodiquement (périodicité non fixée dans le décret, mais généralement 5 ans). Le monitoring IoT continu de l'EEP est la meilleure garantie de son maintien. Plusieurs industriels tunisiens ont vu leur contrat suspendu faute de pouvoir justifier leur rendement global sur les 12 derniers mois glissants.

6.2 Le dispositif EDF OA en France

Le mécanisme d'Obligation d'Achat (OA) français est régi par la loi du 10 février 2000 et les arrêtés tarifaires. Pour les installations de cogénération à gaz, deux contrats principaux existent :

  • Contrat C13 (arrêté du 28 décembre 2015) : pour les installations de puissance ≤ 300 kW. Tarif fixe + prime à l'efficacité énergétique. Durée 12 ans.
  • Contrat C16OA (arrêté du 15 novembre 2016) : pour les installations de 300 kW à 1 MW. Tarif composé d'une part fixe et d'une part variable indexée sur le prix du gaz évité. La prime EEP est calculée chaque saison hivernale sur la base de l'EEP réel mesuré. Durée 12 ans.
  • Complément de Rémunération C16CR : pour les installations > 1 MW, sur appel d'offres. Durée 15 ans.

La saison hivernale (novembre à avril) bénéficie d'un tarif majoré d'environ 20-30% par rapport à la saison estivale, car EDF a besoin de puissance en hiver. C'est un incitant fort à faire fonctionner la cogénération en priorité en hiver. L'accise sur le gaz naturel (TICGN) est fixée à 16,39 €/MWh depuis le 1er février 2026 (arrêté du 27 janvier 2026).

CHAPITRE 7

Rentabilité, investissements et aides financières

Économie annuelle (€) = [Wélec × Pélec + Qth × Pchaleur] − [Qgaz × Pgaz + Mmaintenance]
Puissance électriqueInvestissement (€)Économie annuelle (€)TRS (ans)VAN 15 ans (€)
500 kW600 000180 0003,32 100 000
1 MW1 000 000320 0003,13 800 000
2 MW1 700 000600 0002,87 200 000
5 MW3 500 0001 400 0002,517 000 000

Hypothèses : prix gaz 0,06 €/kWh, prix électricité 0,15 €/kWh, 7 000 h/an, maintenance 0,012 €/kWh électrique, taux d'actualisation 8%.

Aides par pays

  • 🇫🇷 France : Certificats d'Économies d'Énergie (CEE) : 8 à 15 GWhcumac pour 1 MW = 80 000 à 150 000 € en une fois. Prime EEP hiver incluse dans le tarif EDF OA. Aide ADEME pour les études (jusqu'à 50% du montant). Amortissement accéléré sur 5 ans (loi de finances).
  • 🇹🇳 Tunisie : Fonds National pour la Maîtrise de l'Énergie (FNME) / Fonds de Transition Énergétique (FTE) : subvention jusqu'à 20% du coût d'investissement. Lignes de crédit concessionnelles AFD (Agence Française de Développement) et Banque Mondiale. Exonération des droits de douane sur les équipements importés (décret 2022-12).
  • 🇲🇦 Maroc : Appels d'offres dédiés à la cogénération dans le cadre du Plan Solaire Marocain. Fonds de Développement Énergétique (FDE) pour les études de faisabilité. Ligne de crédit BEI (Banque Européenne d'Investissement) pour les projets industriels.
Calcul de rentabilité à mener : Ne vous arrêtez pas au TRS (temps de retour simple). Calculez systématiquement la VAN (Valeur Actuelle Nette) sur 15 ou 20 ans avec un taux d'actualisation de 8-10%, et le TRI (Taux de Rentabilité Interne). Pour les projets de cogénération gaz bien dimensionnés, le TRI se situe entre 12% et 18%, bien supérieur au coût du capital. L'incertitude principale est le prix futur du gaz. Réalisez une analyse de sensibilité (prix gaz ±20%, prix électricité ±10%, nombre d'heures de fonctionnement ±500 h/an). Un projet robuste doit présenter un TRI > 10% dans tous les scénarios défavorables.
CHAPITRE 8

Étude de cas : laiterie industrielle en Tunisie

Contexte : Laiterie industrielle de 230 salariés, fonctionnant 3 équipes. Besoins : électriques 850 kW de base (5 800 h/an), thermiques 1 150 kW (pasteurisation, nettoyage CIP, chauffage des locaux), froid 600 kW pour chambres froides (+4°C et -18°C). Facture énergétique initiale : 2,1 M€/an (électricité + gaz pour chaudière).

Indicateur mesuréValeurVerdict
Puissance électrique de base (heures > 5 000h)850 kW — 5 800 h/an✅ Éligible cogénération
Besoin thermique de base1 150 kW — 6 000 h/an✅ Rapport α site = 1,35 (moteur gaz adapté)
Besoin froid continu600 kW froid✅ Candidat trigénération
1
Cogénération gaz 900 kWe / 1 100 kWth : moteur à gaz (marque Jenbacher J420), 6 200 h/an prévues. Récupération sur fumées (échangeur jusqu'à 120°C) et refroidissement HT (90°C). EEP calculé à la mise en service : 32% — qualification CHR validée.
2
Machine à absorption 500 kWfroid : modèle à simple effet LiBr, COP 0,65, alimentée par la chaleur du circuit HT (90°C) pendant l'été (mai-septembre). Remplace 380 MWhélec/an de groupes de compression existants.
3
Pilotage IoT Wattnow : 28 capteurs (puissance élec., débit chaleur process, débit absorption, gaz, températures entrée/sortie). Algorithme de dispatch temps réel : priorité à la chaleur process directe, puis à l'absorption, rejet uniquement si besoin thermique < 20% de la production. Reporting EEP automatique envoyé mensuellement à la STEG.
4
Contrat STEG signé : transport sur le réseau 20 kV, vente des excédents (environ 180 kW en moyenne sur les postes Pointe matin été et Pointe soir hiver). Attestation d'efficacité énergétique renouvelée annuellement grâce au monitoring.

📊 Résultats après 18 mois

Facture énergétique : ramenée de 2 100 000 € à 1 780 000 € (soit -15,2%). Économie directe : 320 000 €/an. CEE France perçus (siège social français) : 120 000 €. Investissement total : 1 150 000 € (moteur 750 k€, absorption 180 k€, génie civil 120 k€, IoT 25 k€, études 75 k€). TRS = 2,8 ans. EEP moyen maintenu à 31% sur 18 mois. Attestation d'efficacité énergétique renouvelée sans difficulté. Le système a permis d'éviter 890 tonnes de CO₂ par an. L'entreprise a obtenu le label « Entreprise Éco-Énergétique » de l'ANME.

CHAPITRE 9

IoT & pilotage énergétique avancé

Une cogénération non monitorée perd 10 à 20% de sa rentabilité théorique — et risque de perdre son contrat d'achat par non-respect de l'EEP ou de l'attestation d'efficacité énergétique. Le monitoring IoT continu est la seule façon de garantir la performance sur 20 ans.

KPIFormuleSeuil d'alerteAction corrective
EEP (Économie Énergie Primaire)Formule directive 2012/27/UE< 12% → pré-alerte
< 10% → alerte critique
Vérifier échangeurs, réglages combustion, by-pass absorption
Rendement électrique ηeWélec / Qgaz PCI< 35% (moteur gaz neuf 40%)Planifier entretien (bougies, injecteurs, turbo)
Taux d'utilisation chaleurQutile process+absorption / Qrécupérée< 70%Revoir stratégie dispatch, vérifier by-pass
COP absorptionQfroid / Qchaleur consommée< 0,55 (neuf 0,65)Contrôle concentration LiBr, purge incondensables
Heures de fonctionnementCompteur cumulé< 5 000 h/anRéviser dimensionnement ou ajouter stockage chaleur

9.1 Architecture Wattnow

① Capteurs terrain : Compteurs électriques triphasés (classe 0,5S), débitmètres à ultrasons sur réseaux chaleur/froid, capteurs de température PT100 classe A, analyseur de gaz (O₂, CO) optionnel. ② Gateway edge : Acquisition toutes les 10 secondes, calcul des indicateurs élémentaires (puissances, débits), buffer local 72h, transmission chiffrée TLS 1.3 vers cloud. ③ Cloud Wattnow : Calcul EEP en continu (pas de 1h), détection de dérive par CUSUM (Cumulative Sum Control Chart), alertes SMS/email/API, reporting ISO 50001 automatisé (rapports mensuels, annuels, attestation d'efficacité énergétique). Archivage 10 ans pour audits. ④ Dashboard : Web et mobile, vue temps réel, historique, comparaison multi-sites, module « Dispatch Optimisé » qui recommande en temps réel l'affectation de la chaleur (process direct vs absorption vs stockage).

Détection précoce par CUSUM – cas réel

Sur un site chimique équipé d'une cogénération gaz de 2 MW, l'algorithme CUSUM a détecté une dérive progressive du rendement électrique de +6% en 4 semaines (soit une baisse de rendement de 40% à 34%). L'origine : encrassement partiel des échangeurs de récupération sur les fumées, augmentant la contre-pression et réduisant la puissance mécanique. Un nettoyage préventif a été planifié immédiatement, évitant une panne majeure (coût estimé 45 000 € de perte de production + 25 000 € de réparation). L'EEP est resté au-dessus du seuil contractuel (12% contre seuil 10%).

CHAPITRE 10

Annexes & réglementation complète

RéférenceObjetPays / Zone
Directive 2012/27/UEEfficacité énergétique, qualification CHR (EEP ≥10%), méthodologie de calculUnion européenne (France)
ISO 50001:2018Système de management de l'énergie – exigences pour monitoring et amélioration continueInternational
Arrêté du 15 novembre 2016Conditions d'achat pour cogénération (contrat C16OA)France
Arrêté du 2 novembre 2017Contrôle périodique des installations de cogénération gaz ≥50 kW (tous les 4 ans)France
Décret n°2002-3232 du 3 décembre 2002Lancement de la cogénération industrielle en Tunisie – premières dispositionsTunisie
Décret n°2022-12 du 21 février 2022Révision de la loi 2004-72 : transport d'électricité via STEG, vente excédents, attestation efficacité énergétiqueTunisie
Arrêté du 12 mai 2011Cahier des charges pour raccordement des installations de cogénération au réseau STEGTunisie
Loi 13-09 (promulguée 2010)Énergies renouvelables – autoconsommation et vente de surplus à ONEEMaroc
Norme NF EN 50600Efficacité énergétique des data centers – inclut trigénérationInternational

10.1 Rendements de référence par technologie

TechnologieηeηthηtotEEP typiqueMoteur gaz pleine charge (1 MW)38-42%42-48%80-86%28-35% Moteur gaz 50% charge30-34%35-40%65-74%12-20% Turbine gaz simple cycle (1 MW)25-30%45-50%70-80%18-25% Turbine gaz + post-combustion24-28%60-65%84-90%30-42% C+TV (vapeur 40 bar, 4 bar contre-pression)14-16%72-76%86-90%20-28% Pile à combustible (PEMFC) – H245-55%25-35%75-85%25-35%

10.2 Checklist pré-projet (avant étude de faisabilité)

  • ✅ Besoin électrique de base ≥ 50 kW constant sur ≥ 5 000 h/an (vérifier courbe de charge sur 12 mois)
  • ✅ Besoin thermique synchrone (chaleur utilisable quand le moteur tourne) – au moins 70% de la chaleur récupérée doit être valorisée
  • ✅ Rapport α site (Q/W) compatible avec la technologie choisie (moteur gaz : 1,2-1,8 ; turbine : 1,5-2,5)
  • ✅ Alimentation gaz naturel suffisante : pression (≥4 bar pour moteur, ≥13 bar pour turbine), débit, qualité (biométhane accepté)
  • ✅ Surface disponible pour local cogénération : 15-60 m² selon puissance, ventilation, accès maintenance
  • ✅ Raccordement électrique BT ou HTA faisable (distance au poste, puissance de court-circuit)
  • ✅ Étude réglementaire : ICPE (France) / Autorisation STEG + attestation efficacité (Tunisie) / Autorisation ONEE (Maroc)
  • ✅ Analyse VAN/TRI avec et sans aides (CEE France / FNME Tunisie / FDE Maroc) – seuil minimum TRI > 12%
  • ✅ Stratégie de monitoring IoT pour maintien EEP et renouvellement de l'attestation – budget à prévoir (1-3% de l'investissement)

10.3 Glossaire

  • CHP : Combined Heat and Power (cogénération).
  • CCHP : Combined Cooling, Heating and Power (trigénération).
  • EEP : Économie d'Énergie Primaire – indicateur clé pour qualification CHR.
  • PCI : Pouvoir Calorifique Inférieur – base de calcul des rendements.
  • C+TV : Chaudière + Turbine à Vapeur.
  • MA : Moteur Alternatif (cogénération gaz).
  • TAC : Turbine à Combustion (turbine à gaz).
  • HRSG : Heat Recovery Steam Generator (chaudière de récupération).
  • UIOM : Usine d'Incinération des Ordures Ménagères.
  • COP : Coefficient Of Performance (efficacité frigorifique).
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85%
rendement global
40%
économie facture
600 MWe
potentiel Tunisie
20 ans
contrat STEG

Lire
CHAPITRE 1

Cogénération : définition et enjeux

Cogénération def : produire électricité et chaleur avec 85% de rendement

La cogénération (CHP) produit simultanément électricité et chaleur utile à partir d’un seul combustible. Rendement global jusqu’à 85% contre ~55% pour une centrale classique.

85%
η total cogénération
55%
centrale classique
-40%
économie facture
Figure 1 – Bilan énergétique comparatif
Bilan énergétique cogénération

Trois filières principales : cogénération chaudière + turbine vapeur (combustibles solides), cogénération gaz par moteur alternatif (50kW-10MW, ηélec 38-42%) et turbine à combustion (500kW-50MW). La cogénération réduit les émissions CO₂ de 30-50% et offre une sécurité d’approvisionnement.

📌 À retenir : La cogénération est une solution d'efficacité énergétique clé pour l’industrie, soutenue par les contrats STEG (Tunisie), EDF OA (France) et ONEE (Maroc).
CHAPITRE 2

Fondamentaux thermodynamiques & indicateurs clés (KPIs)

Rendement électrique ηe = Wélec / Qcomb   |   Rendement global ηtot = (Wélec + Qchaleur) / Qcomb
EEP (%) = [1 − 1 / (ηe/0,525 + ηth/0,90)] × 100   (seuil CHR ≥10%)

Le rapport chaleur/électricité α (Qch/Wél) guide le choix technologique. Moteur gaz α ≈ 1,2-1,8 ; turbine gaz α ≈ 1,5-2,5. L’EEP est l’indicateur réglementaire critique : en dessous de 10%, le contrat d’achat peut être suspendu.

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CHAPITRE 3

Cogénération chaudière & cogénération gaz

Figure 2 – Schémas d’installations vapeur
schémas cogénération

Cogénération chaudière + turbine vapeur : puissante (>10 MW), combustible solide, rendement électrique 14-16%, α=4-20. Cogénération gaz moteur : 50kW-10MW, ηélec 38-42%, ηglobal 80-86%, α=1,2-1,8. Turbine à combustion : chaleur haute température, post-combustion possible (α=6-11). Choix selon profil de charge.

Synthèse investissement : Moteur gaz 1 MW : 4 000-7 000 €/kW, turbine à gaz + postcombustion : 5 000-7 000 €/kW.
CHAPITRE 4

Trigénération : ajouter le froid

Machine à absorption LiBr/eau (COP 0,6-1,3) valorise la chaleur fatale estivale pour climatisation ou froid process. Idéal pour agroalimentaire, hôtellerie, data centers. La trigénération permet 7 500 h/an de fonctionnement et rendement global >90%.

Pilotage dynamique Wattnow

Algorithmes de dispatch entre chaleur process, absorption et stockage → +8 à 15% de rentabilité.

CHAPITRE 5

Dimensionnement & puissance optimale

Règle d’or : dimensionner sur la charge de base (≥5 000 h/an). La puissance optimale correspond à la zone plateau de la courbe de charge. Exemple : besoin thermique 1 500 kW (pointe) / 1 000 kW (base) → puissance 1 000 kW. Éviter dimensionnement sur pointe électrique sous peine d’EEP <10%.

Erreurs fréquentes : dimensionnement sur pointe, négliger l’évolution des besoins, pression gaz insuffisante (turbine nécessite 13-20 bar).
CHAPITRE 6

Contrats STEG, EDF OA, ONEE

🇹🇳 Tunisie – STEG
  • Décret 2022-12, durée 20 ans
  • Attestation d’efficacité énergétique obligatoire
  • 4 postes horaires, vente exclusive
🇫🇷 France – EDF OA
  • Contrats C13 (≤300kW) / C16OA (300kW-1MW)
  • Durée 12 ans, EEP ≥10% obligatoire
  • Tarif hiver majoré + prime EEP
🇲🇦 Maroc – ONEE
  • Loi 13-09, autoconsommation ≤10 MW
  • Vente surplus via appels d’offres
  • Cadre en développement

Le contrat STEG impose comptage télérelevable et résiliation possible si attestation d’efficacité retirée. En France, contrôle périodique tous les 4 ans.

CHAPITRE 7

Rentabilité, investissements et aides

PuissanceInvestissementÉconomie/anTRS (ans)
500 kW600 k€180 k€3,3
1 MW1 000 k€320 k€3,1
2 MW1 700 k€600 k€2,8

Aides : France : CEE (80-150k€) ; Tunisie : subvention FNME jusqu’à 20% ; Maroc : FDE études. VAN sur 15 ans typique >3,8 M€ pour 1 MW.

CHAPITRE 8

Cas concret : Laiterie Tunisie

📊 Résultats après 18 mois

Cogénération gaz 900 kW + absorption 500 kW froid. Facture énergie : 2,1 M€ → 1,78 M€ (économie 320 k€/an). Investissement 1 150 k€, TRS = 2,8 ans. EEP maintenu à 31%, contrat STEG validé, 890 t CO₂ évitées.

1
Moteur gaz 900 kW, 6 200 h/an
2
Absorption LiBr 500 kW (été)
3
IoT Wattnow + dispatch temps réel
CHAPITRE 9

IoT & pilotage énergétique avancé

KPISeuil alerteAction
EEP<12%Vérifier échangeurs, combustion
η électrique moteur<35%Planifier entretien bougies/turbo
Taux utilisation chaleur<70%Revoir dispatch

Architecture Wattnow : capteurs terrain → edge computing → cloud avec CUSUM → alertes proactives. Détection de dérive évitant rupture de contrat.

CHAPITRE 10

Annexes & réglementation

Textes clés : Directive UE 2012/27/UE, décret Tunisien 2022-12, arrêté français 15/11/2016, loi marocaine 13-09. Checklist pré-projet : besoin base ≥5 000 h/an, compatibilité α site/technologie, pression gaz, monitoring IoT inclus.

Glossaire : CHP, CCHP, EEP, PCI, HRSG, COP.
📊

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